Qu’est-ce que j’ai entre les jambes ?

On se pose souvent des questions sur notre corps, et il peut être gênant de les poser à son entourage. Heureusement, on est là pour tout t’expliquer sur les organes génitaux et leur diversité, car oui, il y a beaucoup plus de deux alternatives.

Pour commencer, il est important de faire la différence entre les caractéristiques biologiques et le genre des personnes. Tes caractéristiques biologiques, ce sont tes caractères sexuels, ce que tu as entre les jambes, mais aussi les caractères sexuels qui se développent lors de la puberté (la poitrine, la voix, la pilosité faciale, les hanches,…). Ton genre, c’est si tu te sens fille, garçon, ou peut-être aucun des deux.

Or, notre vocabulaire utilise les mêmes mots pour parler de caractéristiqus biologiques, et pour l’identité des personnes. La société considère que ces normes sont strictes : si tu as une vulve et un vagin, tu es une femme. Si tu as un pénis et des testicules, tu es un homme. Mais c’est oublier qu’il y des personnes qui ne correspondent pas à ces normes.

Tout d’abord, il y a des personnes dont les caractéristiques biologiques ne correspondent pas pleinement à ces catégories (vulve + vagin ou pénis + testicules, par exemple) et dont les caractéristiques tiennent à la fois de ce qui est défini comme “mâle” et de ce qui est défini comme “femelle”. Ce sont les personnes intersexes (on appelle les personnes qui ne sont pas intersexes, des personnes dyadiques).

D’autre part, il y a des personnes dyadiques (donc pas intersexes) qui se s’identifient pas à l’identité de genre (femme ou homme) qui leur a été assignée à la naissance selon leur biologie (vulve et vagin ou pénis). Ce sont les personnes transgenres et non-binaires.

Si tu veux en savoir plus sur les identités de genre, tu peux aller voir notre page “C’est quoi être une femme ? Et un homme ? “

Ici, on a choisi d’utiliser les mots : organes génitaux dits femelles (pour les personnes dyadiques qui ont une vulve, un vagin, un utérus et des ovaires), et organes génitaux dits mâles (pour les personnes dyadiques qui ont un pénis et des testicules).

Les organes génitaux dits femelles

Ta vulve, c’est ce qui se situe entre le triangle de tes poils pubiens et ton anus. De chaque côté, tu trouves deux bourrelets charnus qui sont recouverts (plus ou moins) de poils ; ce sont les grandes lèvres. Leurs poils permettent de te protéger des infections (infections urinaires, mais aussi de la flore vaginale par exemple). Tu as parfaitement le droit de les épiler, pour autant ce n’est pas obligatoire, et personne n’a le droit de mettre la pression pour que tu le fasses.

De l’extérieur, ça ressemble à ça !

Plus au centre, il y a deux autres replis de chair, qui protègent l’entrée du vagin et le gland du clitoris. Ce sont les petites lèvres, elles sont toujours asymétriques, et très souvent, plus grandes que les grandes lèvres ! Les grandes et les petites lèvres peuvent avoir des formes et des couleurs diverses et variées. Tes lèvres sont uniques, il n’y a pas de “normalité”. Pour découvrir en dessin la diversité de ce à quoi les vulves peuvent ressembler, tu peux aller sur l’instagram de @vulva_gallery

Au centre, le petit point, c’est le gland de ton clitoris. Mais le clitoris dans son intégralité est beaucoup plus grand, tu peux le voir en rose fushia sur le deuxième schéma juste en dessous. Le clitoris fait en moyenne entre 7 et 10 cm. C’est le seul organe qui soit entièrement dédié au plaisir ! On confond souvent le clitoris avec le gland du clitoris, qui en est la seule partie visible, mais le clitoris a aussi de part et d’autre de l’entrée du vagin deux corps caverneux (qui se gonflent de sang et deviennent fermes sous l’excitation) et deux bulbes qui sont stimulés lors d’une pénétration (que ce soit avec un ou des doigt·s, un sextoy, ou un pénis). Il n’y a donc pas un orgasme clitoridien et un orgasme vaginal, puisque c’est aussi le clitoris qui est stimulé lors d’une pénétration vaginale ou anale!

En dessous, tu peux trouver le méat urinaire, par lequel l’urine s’écoule puis juste en dessous, l’entrée du vagin. On parle souvent de vagin pour désigner l’ensemble de cet appareil génital, mais ce n’est pas exact. Le vagin, c’est seulement un organe en forme de tube qui relie la vulve à l’utérus, il est protégé à l’entrée par une membrane, l’hymen.

Pour en savoir plus sur l’hymen, tu peux consulter notre définition dans l’abécédaire.

Enfin, ta vulve sera différente des schémas qui sont au-dessus si tu as vécu une mutilation sexuelle féminine, comme une excision par exemple. L’excision, c’est le fait d’enlever à une fille une partie de son sexe, en coupant de manière plus ou moins importante les petites et/ou les grandes lèvres et le clitoris. Cette pratique est interdite en France, mais elle encore pratiquée dans de nombreux pays (de manière clandestine ou légale). Si tu veux en savoir plus et voir si tu es concernée, tu peux te rendre sur le site [www.alerte-excision.org]

Et à l’intérieur ?

On y trouve les ovaires, qui produisent les ovules (ce qui peut féconder un spermatozoïde pour créer un embryon). Ils sont reliés à l’utérus (en violet), par les Trompes de Fallope (en orange). Chez les personnes qui ont leurs règles, tous les mois dans l’utérus, il y a l’endomètre (en bleu) qui se développe pour accueillir un éventuel embryon. C’est lui qui est détruit et qui s’écoule pendant les règles par le vagin. Contrairement à ce que l’on entend souvent, il n’est pas banal d’avoir de fortes douleurs pendant les règles. Si c’est ton cas, n’hésite pas à en parler à un·e médecin.

Pour quelques conseils, tu peux consulter notre article : Aller chez le·la gynécologue

En rouge, on trouve les glandes vestibulaires et les glandes para-urétrales. Les glandes vestibulaires, sont celles situées juste à l’entrée du vagin. Quand tu es excité·e, elles produisent de la cyprine (la “mouille”) qui permet de protéger ton vagin et ta vulve d’infections, mais surtout de lubrifier pour éviter les frottements. Il se peut que la cyprine soit en quantité insuffisante, surtout si tu as bu de l’alcool ou consommé des drogues, c’est assez fréquent. Dans tous les cas, n’hésite pas à utiliser du lubrifiant. Attention, seuls les lubrifiants à base d’eau sont compatibles avec le latex des préservatifs internes, externes et des digues dentaires.

Pour plus d’infos sur les moyens de se protéger pendant les rapports sexuels, tu peux consulter notre article : “Comment bien se protéger lors d’un rapport sexuel”

Les glandes para-urétrales sont situées autour de l’urètre, c’est le petit conduit qui relie la vessie à l’extérieur. Quand tu es excité·e, elles produisent un liquide plutôt transparent qui ressemble à de l’eau. C’est le liquide qui constitue les éjaculations féminines ou “squirting”. C’est pour ça que tu peux avoir envie de faire pipi pendant un rapport sexuel, souvent on se retient, alors que ce liquide n’a rien à voir avec de l’urine. Il y a encore beaucoup de mystères autour de ce phénomène car le corps médical s’y intéresse assez peu. Et oui, il y a encore des incertitudes sur l’anatomie, surtout quand cela concerne majoritairement des femmes !

Voir aussi : C’est quoi une femme fontaine ?

Les organes génitaux dits mâles

Ce dont on entend le plus souvent parler, c’est du pénis. Tout comme le clitoris, il a un gland, deux corps caverneux, un corps spongieux (contrairement au clitoris qui lui a en deux) et mesure entre 7 et 10 cm au repos.

Au milieu, le canal qui passe, c’est l’urètre, c’est par là que sortent l’urine, le liquide pré-séminal et le sperme.

La prostate, en rouge, correspond aux glandes para-urétrales que l’on trouve dans les organe génitaux dits femelles. Elle produit, avec les vésicules séminales (en marron), le liquide qui transporte les spermatozoïdes. La prostate peut être source de beaucoup de plaisir et d’orgasmes différents de ceux obtenus par la stimulation du pénis. C’est elle qui est stimulée lors d’une pénétration anale par un sextoy, un ou des doigts, ou un pénis. C’est un mécanisme physique, et cela n’a rien à voir avec l’orientation sexuelle de la personne. N’hésite donc pas à la stimuler, seul·e ou avec ta, ton ou tes partenaires, il n’y a pas de honte à explorer son corps et son plaisir !

Une érection, c’est lorsque les deux corps caverneux du pénis se gonflent de sang et deviennent fermes, cela a pour effet de le faire se dresser. Ça ne survient pas toujours dans le cadre de l’excitation sexuelle. On peut tout à fait avoir des érections mécaniques (c’est-à-dire sans être excité), c’est ton corps qui vérifie que tout fonctionne bien. Cela arrive la nuit, le matin, mais aussi dans la journée (surtout au moment de la puberté), c’est très fréquent et pas du honteux. Si tu te sens gêné·e, tu peux essayer de penser à autre chose, et te détendre, rappelle toi que c’est très banal, car plus tu y penses et plus tu stresses, plus elle restera.

D’autre part, ce n’est pas grave de ne pas réussir à avoir d’érection ou de perdre son érection, alors même qu’on est excité·e. Cela arrive souvent et peut être dû à pleins de facteurs (stress, fatigue, préoccupations,…), comme à rien du tout. C’est ton corps qui te montre ses limites, et c’est important de les respecter. Ce n’est pas grave, il y a plein de manières de recevoir, et de donner du plaisir, sans un penis en erection. #godyke

Est-on nécessairement l’un ou l’autre ?

Il y a de nombreuses personnes qui ne correspondent pas tout à fait à ces deux modèles. Cela ne remet en rien en cause le fait qu’elles peuvent se sentir femmes, hommes, ou non-binaires. Si c’est ton cas, tu as tout à fait le droit de ne pas avoir envie de répondre aux questions, et personne n’a à savoir ce qu’il y a entre tes jambes.

Les intersexuations :

D’une part il y a les personnes intersexes, qui présentent des variations biologiques différentes. Ce n’est pas nécessairement visible de l’extérieur, cela peut concerner uniquement les organes et glandes internes.

Cela peut être diagnostiqué à la naissance, ou plus tard, à l’adolescence ou à l’âge adulte. On peut tout à fait vivre toute sa vie en étant intersexe, sans le savoir. Ces variations sont parfaitement viables (à quelques exceptions près), c’est à dire qu’elles ne posent aucun problème de santé pour les personnes qui les portent.

On a longtemps utilisé le terme “hermaphrodite” pour désigner les personnes intersexes. C’est un mot qui donne une vision faussée de l’intersexuation, et qui peut se révéler stigmatisant. Il peut donc heurter les personnes intersexes.

Pour en savoir plus, sur les personnes intersexes et sur les oppressions qu’elles vivent, tu peux suivre, la chaîne Youtube de Mischanomalie

Les transidentités :

Certaines personnes trans et non-binaires ressentent le besoin de modifier leurs caractères sexuels pour les mettre en accord avec leur ressenti.

Voir aussi : C’est quoi une femme ? et un homme ?

Ce n’est pas le cas de toutes les personnes trans, et l’on n’est pas “plus homme”, ou “plus femme” si l’on a suivi des opérations, ou des traitements hormonaux. On peut tout à fait s’identifier comme homme, en étant né avec des caractères sexuels dits femelles, et ne pas prendre de traitements hormonaux, ni souhaiter être opéré.

Il est aussi tout à fait légitime de vouloir accorder son corps à son ressenti. Pour cela, il existe de nombreuses possibilités.

Pour en savoir plus sur les modifications possibles, voilà deux guides explicatifs des opérations possibles créés par l’association OUTTrans

Voir aussi : Suis-je capable de sortir avec une personne trans ?

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Écrit par :

  • Ynaée Benaben -
  • Noémie Calixte -
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