C'est quoi être une femme ? un homme ?

Dans la société, quand on croise quelqu’un, on essaye généralement de savoir si c’est une femme ou un homme. Par exemple, quand on va dans un magasin, on nous dit “bonjour madame”, ou “bonjour monsieur”. C’est une composante importante de notre identité, c’est le premier renseignement qui nous est demandé. Généralement, quand on voit une personne avec des cheveux longs, du maquillage, et par exemple des chaussures à talons, ou une robe, on considère que c’est une femme. Et pourtant, toutes les femmes n’ont pas les cheveux longs, ne se maquillent pas, et ne portent pas des talons, ou des robes !

Il est important de remarquer que cela n’a rien à voir avec les caractéristiques biologiques (c’est-à-dire le sexe) : lorsque l’on voit une silhouette dans la rue, on ne peut pas vraiment savoir si une personnes a des hanches, des seins, une pomme d’Adam, ou encore moins ce que la personne a entre les jambes.

Pour plus d’infos sur ton corps, tu peux lire notre article “Qu’est-ce que j’ai entre les jambes ?” Dans notre société, on a défini des différences marquées entre les femmes et les hommes. On ne porte pas les mêmes vêtements, pas les mêmes couleurs, on n’a pas les mêmes centres d’intérêts, les mêmes comportements, les mêmes rôles au sein de la famille, … Ce n’est pas lié à la biologie : les garçons n’ont pas de gêne qui les font aimer le bleu par exemple (d’ailleurs tous les garçons n’aiment pas le bleu), et il n’y a rien de biologique qui pousse les filles à porter des jupes. Ce sont des normes sociales qui définissent ce qu’on appelle le genre.

L’identité de genre, c’est quelque chose d’intime : est-ce que au fond de moi, je me sens fille, ou garçon, ou aucun des deux, ou parfois l’un, et parfois l’autre ?

Ça veut dire quoi cisgenre ?

Lorsque l’on naît (et même avant), on est tout de suite identifié comme fille ou garçon. Y compris pour les personnes intersexes (qui présentent à la fois des caractères dits “femelles” et “mâles”) : on pratique souvent des opérations de réassignation, sans le consentement éclairé de l’enfant, pour qu’elle ou il corresponde plus à une catégorie que l’autre. Le genre qu’on nous attribue à la naissance, d’après nos caractéristiques sexuelles, c’est ce qu’on appelle le genre “assigné”. Être une personne cisgenre, c’est quand notre ressenti correspond au genre qui nous a été attribué à la naissance. Cela ne signifie pas que l’on doit nécessairement faire tout ce qui correspond à notre identité de genre, mais simplement que notre ressenti est en accord avec la manière dont on est socialement perçu, et envisagé par les autres.

Questions fréquentes :

Je suis une fille, mais on dit souvent de moi que je suis un “garçon manqué” Souvent, quand les filles ont des comportements qui sont traditionnellement associés aux garçons, on dit qu’elles sont des “garçons manqués”. Par exemple, si elles portent des vêtements “de garçon”, ou qu’elles aiment les jeux “de garçon”. Il n’y a pas de mal à cela. Tu as tout à fait le droit de préférer jouer aux jeux qui te plaisent, ou de porter les vêtements que tu souhaites, d’avoir surtout des amis garçons. Cela ne doit pas remettre en question le fait que tu te sens fille, si c’est le cas. Ce n’est pas parce que tu es une fille que tu dois forcément faire tout ce qu’on associe aux filles dans la société. C’est ton choix, et ton identité, tu n’en es pas moins fille. Si tu aimes bien qu’on s’adresse à toi comme à un garçon, et qu’on dise “il” pour te désigner par exemple, c’est aussi tout à fait légitime. Cela veut peut être dire que tu te sens plus garçon, et ça peut être bien de réfléchir à ton identité de genre, pour mieux comprendre ton ressenti. Voir aussi : C’est quoi être transgenre ?
Je suis un garçon “efféminé”, est-ce que je suis forcément homosexuel ?

Ton identité de genre (si tu es un garçon, une fille, etc…), ton expression de genre (la manière dont tu t’habilles, dont tu te comportes,…), et ton orientation sexuelle sont trois choses différentes. D’un côté, il n’y a ce que tu ressens au plus profond de toi comme ton identité : te sentir garçon, te sentir fille, ou aucun des deux par exemple. De l’autre, il y a ta personnalité et tes goûts, ce que tu aimes porter, tes mimiques, etc… Tu as tout à fait le droit d’aimer les paillettes, et d’être un garçon. On dit souvent des garçons qui aiment des choses plutôt associées aux filles qu’ils sont “efféminés”, c’est souvent pensé pour les blesser. Or, il n’y a pas de mal à ça ! Tu as le droit d’aimer ce que tu veux, et personne n’a à te juger. D’autre part, cela sous-entendu que c’est dégradant d’être “comme une fille”, et ça relève donc du sexisme. Enfin, il y a ton orientation amoureuse, c’est à dire les personnes qui t’attirent, pour lesquelles tu ressens des sentiments amoureux, etc… Ce n’est pas parce que tu as des comportements considérés comme féminins, que tu es attiré par les autres garçons, tout comme ce n’est pas parce tu es “viril”, qu’on est forcément attiré par les filles. Il n’y a que toi qui peut savoir par qui tu es attiré, et tu n’es pas obligé de la savoir maintenant. Il faut parfois du temps pour savoir ce qu’on ressent et ce qui nous attire, Personne n’a à préjuger de ton orientation sexuelle, ni à l’utiliser pour se moquer !

Voir aussi : comment connaitre mon orientation sexuelle ?

C’est quoi être transgenre ? Être transgenre, c’est quand ton ressenti, et donc ton identité de genre est différent du genre auquel tu as été assigné·e. Ainsi, certaines personnes grandissent en étant considérées comme des filles, alors qu’elles se sentent garçons. Ce n’est pas quelque chose d’excentrique, ni une problème mental. C’est un ressenti qui est différent de celui de la majorité des gens, et qui est tout aussi légitime que les autres.
Pourquoi ça m’arrive à moi ? On ne choisit pas d’être transgenre, tout comme on ne choisit pas son orientation sexuelle, ou le fait qu’on aime les pommes. Il n’y a pas vraiment d’explication, cela fait partie de notre identité, on ne peut pas le changer. Il peut être dur de se découvrir trans dans une société qui n’en a pas vraiment l’habitude, et il est tout à fait légitime d’avoir peur, ou d’être triste, ou en colère, et de se demander pourquoi ça nous arrive à nous. Mais il est aussi légitime, de se sentir soulagé·e de comprendre enfin pourquoi on a longtemps ressenti un décalage entre notre identité et ce que les autres perçoivent de nous. Le seul choix que tu as, et tu es la ou le seul·e à pouvoir en décider, c’est de choisir de vivre ta transidentité, et de t’épanouir en exprimant qui tu es vraiment.
Suis-je obligé·e de voir un·e thérapeute ? Pas du tout ! Tu peux entreprendre un suivi en psychothérapie, ou en psychiatrie si tu le souhaites, mais ce n’est pas du tout obligatoire ! Être trans, ce n’est pas une maladie mentale qui nécessite un suivi. Cependant, dans notre société, être trans, c’est être exposé à des violences, et il peut être bien d’avoir un espace sécurisant pour en parler, et travailler. Cela peut être un très bon outil pour accompagner tes coming out, et ta transition sociale (et si tu le souhaites, une transition physique). Cependant pour certaines procédures, une attestation d’un·e psychiatre sont nécessaires (ou fortement conseillées) comme le changement de prénom, ou le changement d’état civil.
Dois-je prendre des hormones ? C’est à toi de choisir si tu en ressens le besoin. Ce n’est pas parce que tu ne prends pas d’hormones, que ton identité de genre est moins légitime. Tu as tout à fait le droit de t’identifier comme femme ou homme trans, sans pour autant prendre des hormones et décider de suivre des opérations. C’est ton choix, et personne n’a pour autant à remettre en question ton identité. Il est bien sûr aussi tout à fait légitime de t’engager dans ce parcours.
C’est quoi être non-binaire ? Être non-binaire, c’est ne pas se reconnaître dans la division marquée entre les deux genres principaux : femme et homme. Chaque personne a sa manière d’être non-binaire. Tu peux te sentir agenre, c’est-à-dire ne pas t’identifier à un genre. Tu peux avoir une identité de genre qui est fluide, te sentir parfois femme, et parfois homme. Niveau pronom, c’est à toi de décider celui que tu veux que l’on utilise. Il existe de plus en plus de pronoms non-binaires comme iel ou ael par exemple, mais tu peux aussi choisir de garder le pronom que l’on t’a assigné à la naissance, ou préférer que l’on utilise le pronom opposé. Tu peux aussi avoir envie que suivant les périodes, ou suivant les personnes, on utilise des pronoms différents. Tous ces choix sont légitimes, ils dépendent de ton ressenti et c’est à toi d’en décider. Personne ne peut savoir mieux que toi ce que tu ressens, et ce qui te met à l’aise !
  • genre //
  • identité //
  • LGBTQIA+ //

Écrit par :

  • Noémie Calixte -
  • En avant toute(s) -