Un homme, un vrai ?

Les clichés sur la masculinité

Les hommes sont physiquement plus forts que les femmes.

Vrai :

Faux :

Voici la réponse :

Tous les hommes ne sont pas plus forts que toutes les femmes ! Une haltérophile professionnelle sera bien plus forte qu’un directeur de banque qui ne s’entraîne jamais. Ce raccourci est lié à de prétendues différences biologiques que l’on observe entre les femmes et les hommes, en particulier au niveau des muscles et de la prise de poids. Il est vrai que la testostérone (une hormone qui existe beaucoup plus chez les hommes que chez les femmes) stimule le développement musculaire et que les œstrogènes (une hormone présente en plus grande quantité chez les femmes) impactent le stockage de graisse. Mais la force physique, c’est surtout lié à l’entraînement et à l’alimentation. Ce n’est que depuis le XXème siècle que les femmes peuvent faire du sport. Auparavant, c’était très mal vu, voire carrément interdit. Aujourd’hui encore, il existe beaucoup de sports qu’on considère comme peu adaptés aux femmes, et qu’on ne montre que très rarement à la télévision (comme le football ou le rugby). Même en tennis, auxquelles les femmes jouent depuis assez longtemps, la finale des femmes a lieu un jour avant celle des hommes, comme si on considérait le tennis masculin comme le « vrai » tennis et le tennis féminin comme moins digne d’intérêt. C’est donc plus difficile pour les jeunes filles de s’imaginer en sportives de haut niveau. Si de nombreux garçons grandissent avec des modèles comme Ronaldo ou Messi, les filles n’ont pas l’occasion de s’imaginer en nouvelle Wendie Renard ! Non seulement elles ne s’imaginent pas en athlètes professionnelles, mais en plus elles se tournent moins vers ces activités sur des temps extrascolaires. Par ailleurs, l’ethnologue Françoise Héritier explique que l’alimentation des femmes a toujours été sujette à des interdits, parfois de façon illogique : on réservait par exemple la viande aux hommes quand les femmes étaient enceintes ou allaitantes, alors que ça demande beaucoup d’énergie. Au fil des siècles, on finit par avoir des femmes à la constitution plus fragile. Pour se reproduire, on cherchait aussi des femmes petites et des hommes grands. A force, ça aussi creuse l’écart. Ce qu’on perçoit comme naturel est donc là aussi quelque chose de construit !

C'est fini ! 😀

Ce n’est pas parce qu’un homme pleure qu’il est « fragile ».

Vrai :

Faux :

Voici la réponse :

Pleurer, ça sert à exprimer ses émotions : la tristesse, la joie, le désespoir, la colère, l’humiliation, la rage, l’empathie… Quand on réfrène cette envie, le corps réagit autrement pour exprimer quand même ses émotions : la gorge se serre, on se sent mal, et le plus souvent, on a envie de taper sur quelque chose pour que ça sorte quand même. Ne pas pleurer, c’est prendre le risque de se mettre dans un état bien pire. La société, qui construit la virilité autour de valeurs comme la force, la maîtrise de soi, l’agressivité, n’accepte pas qu’un homme pleure. Si c’est comme ça, c’est parce que la société met la virilité, et tout ce qui va avec, au-dessus de tout, comme le modèle à atteindre. Une fille qui fait preuve de ces qualités sera tout de suite plus respectée, parce qu’elle adopte un comportement dit « masculin ». Un homme qui n’a pas ces qualités sera moqué, parce qu’on considère qu’il se comporte « comme une fille ». On voit donc bien que c’est parce que c’est le masculin qui est toujours valorisé ! Remettre en question ces normes, oser pleurer quand on est un garçon, c’est faire preuve d’un immense courage.

C'est fini ! 😀

Les gays sont tous efféminés et les lesbiennes sont masculines.

Vrai :

Faux :

Voici la réponse :

Ce préjugé vient du fait que la société est hétéronormée (l’hétérosexualité serait l’orientation sexuelle « normale »). On a donc toujours considéré que si un homme était attiré par les hommes, il devait être un peu une fille, au fond. Et pareil pour les femmes. C’est aussi lié au fait que les mouvements pour les droits des homosexuel·le·s interrogent beaucoup les normes de virilité et de féminité. Les stéréotypes sexistes sont considérés au sein de ces mouvements comme contraires à la liberté et à l’épanouissement personnel. Beaucoup de personnes de ces communautés revendiquent le droit de se moquer de ces codes et de faire ce que bon leur semble.

C'est fini ! 😀

Les personnes transgenres ont des problèmes psychologiques pour être comme ça, ce n’est pas normal.

Vrai :

Faux :

Voici la réponse :

Etre transgenre, ce n’est pas une maladie ! C’est se sentir différemment des autres dans la société. Etre « une fille » ou « un garçon », ce n’est pas uniquement lié au fait d’avoir certains organes génitaux et de pouvoir tomber enceinte, ou pas : c’est aussi adopter depuis toujours toute une série de comportements en fonction de ce que la société attend des femmes et des hommes. Or, il y a des personnes sur qui ces contraintes pèsent énormément. Une femme transgenre par exemple, on lui a répété toute sa vie qu’elle était un garçon ; qu’elle devait se comporter en homme, s’habiller en homme, penser en homme parce qu’elle a des organes génitaux masculins, alors qu’au fond d’elle, elle sait qu’elle est une femme. Ça n’a rien d’un trouble psychologique : le trouble est plutôt à chercher dans la société, qui cherche à définir comment les gens doivent se sentir. C’est un peu comme si tu disais que tu n’aimes pas le chocolat, et qu’on te rétorquait que si, tu adores le chocolat, qu’est-ce que tu racontes, tout le monde adore le chocolat donc toi aussi. C’est violent, ça ne correspond pas à ce que les gens sont véritablement.

C'est fini ! 😀

Il y a plus d’hommes au pouvoir parce qu’ils sont plus qualifiés que les femmes.

Vrai :

Faux :

Voici la réponse :

Les hommes ne sont pas plus qualifiés que les femmes : d’ailleurs, les statistiques montrent que les filles réussissent mieux à l’école et dans les études supérieures. Simplement, une fois à des postes importants, elles subissent ce qu’on appelle le « plafond de verre » : quand, dans une structure qui suppose une hiérarchie, certaines catégories de personnes ne peuvent pas – sans que ça soit explicitement dit – accéder aux fonctions de pouvoir les plus hautes. Là encore, cette idée que les femmes ne peuvent pas avoir de postes à responsabilités est lié aux stéréotypes sexistes. On pense qu’elles auront moins d’autorité, qu’elles vont nuire à la productivité de l’entreprise en tombant enceintes, qu’elles seront trop émotives… autant de clichés qu’on ne retrouve pas pour les hommes ! Parce que les qualités attendues de la masculinité sont celles qui sont justement recherchées dans les sphères de pouvoir.

C'est fini ! 😀

La parité en politique, c’est vraiment utile !

Vrai :

Faux :

Voici la réponse :

Il est aujourd’hui très difficile pour une femme d’entrer en politique. Beaucoup plus difficile que pour un homme. C’est pour cette raison qu’on a voté des lois sur la parité (depuis 2000, il est obligatoire qu’il y ait 50% de femmes dans les fonctions électives). Beaucoup de gens ont été scandalisés, en disant que les femmes étaient nos élues parce qu’il y a des quotas, et pas parce qu’elles étaient compétentes. Mais la parité est un passage obligé : en 1997, il y avait seulement 10,9% de femmes à l’Assemblée Nationale, et 5,6% au Sénat l’année suivante. C’est pareil qu’en 1946 ! En cinquante ans, rien n’avait bougé. Si aujourd’hui on voit plus de femmes en politique, c’est parce que c’est obligatoire pour les partis de les présenter à des élections. Les raisons à ces résistances sont toujours les mêmes : c’est à cause des stéréotypes sexistes. On considère que les femmes et les hommes ont par nature certaines qualités. Or, celles qui sont associées à la féminité ne correspondent pas à ce qu’on attend des élu.e.s : l’autorité, la stratégie, le courage, l’intelligence, la compétence. On pense que les femmes ne sont pas capables d’assumer de telles fonctions. C’est complètement faux ! Ces qualités ne dépendent pas du genre de la personne. Le résultat de ces préjugés est que les gens ne votaient pas pour elles, et leurs partis ne voulaient pas les présenter à des élections. D’où l’intérêt des lois sur la parité, qui ont montré à toutes et à tous que les femmes étaient aussi capables que les hommes.

C'est fini ! 😀

Les femmes couchent pour réussir, alors que les hommes travaillent pour réussir.

Vrai :

Faux :

Voici la réponse :

Cette idée reçue sous-entend que les femmes n’ont pas les compétences nécessaires pour réussir dans un domaine, et qu’elles doivent « profiter » de leurs « charmes » pour espérer évoluer. La conséquence de ce préjugé : ça amène les gens à considérer que les femmes sont, par nature, moins compétentes, et que les femmes de pouvoir sont des imposteures, puisqu’elles auraient toutes « couché pour réussir ». Ça sous-entend aussi que les hommes sont tous des machos qui ne reconnaissent pas la compétence des femmes, et qu’ils leur « permettent » de monter dans la hiérarchie juste parce qu’ils ont eu droit à du sexe. Encore plus grave (si c’est possible) : beaucoup de gens croient vraiment à ce préjugé, ce qui fait qu’énormément de femmes sont agressées sexuellement au travail. On leur impose des remarques dégradantes et humiliantes, en pensant que de toutes façon, elles sont là pour ça. C’est particulièrement vrai dans les domaines les plus valorisés socialement, comme ceux de la politique ou de la médecine, où les inégalités sont encore très fortes (si les femmes représentent jusqu’à 70% des étudiant.e.s en médecine, elles sont très minoritaires dans les fonctions valorisées socialement, comme la chirurgie, où elles ne sont que 12%). Du coup, non seulement elles sont empêchées de gravir les échelons, mais en plus, elles subissent des viols, des agressions sexuelles ou du harcèlement sexuel. Si tu penses être concerné.e par le harcèlement sexuel au travail, tu peux contacter l’Association européenne contre les Violences faites aux Femmes au Travail ( AVFT ).

C'est fini ! 😀